BangBang : bangbangblog.com

Punkrockhardcorefolketc

In our search for wealth and prosperity, we have created something that is going to destroy us: WORDS interview

punkrockhardcorefolketc
15 juin 2008

Photobucket

J’ai vu WORDS joué seulement une fois. Ils ouvraient pour je ne me souviens absolument plus qui à l’Inco. J’étais resté surpris. Je me disais «Nice, un band du Québec dans le genre d The Suicide File». Je m’étais pogné leur 7’’ que j’avais ben aimé. Quand j’ai vu qu’un LP s’en venait je me suis dit que se serait cool dans parler dans le BANG BANG et que ça ferait une entrevue intéressante. Mais c’est quand j’ai entendu les tunes et vu le contenu du livret…ciboire. Sérieusement c’est complètement malade. C’est quand la dernière fois qu’on a eu droit à un album hardcore d’aussi bonne qualité au Québec ? Personnellement je trouve que c’est l’affaire la plus capoté depuis le EP de Final Word.

Après quelques e-mails échangés avec le chanteur Pierre-Luc, voici le résultat. Une entrevue autant de qualité que l’album. Puis gênez vous pas pour allé faire un tour sur leur myspace si c’est la première fois que vous entendez parler du band. Ça déchire grave.

Une courte version à été mise sur le front page du site pendant 2-3 jours mais je trouvais qu’elle méritait vraiment de se retrouver au complet à quelque part. Voilà.

Pourquoi un nom de groupe comme WORDS ? Pour la force des mots ?

En plein dans le mile! Quand on s’est réuni pour former le groupe, on savait qu’on voulait faire partie d’un groupe de hardcore dans le sens 90 du terme. Jouer la musique qui nous a attirer vers le genre en tout premier lieu. À ce moment j’avais vraiment l’impression que le hardcore était devenu complètement vide et que de moins en moins de groupes véhiculaient les valeurs qui pour moi sont caractéristiques de ce genre musical. On avait l’intention de faire les choses telles qu’elles doivent être fait selon nous et ça, ça voulait dire de ne pas glorifier la violence gratuite ainsi que les autres thèmes que l’on peut retrouver dans n’importe quel bar ou taverne. Jean-Paul Sartre a dit que les mots sont des révolvers chargés et il a bien raison, mais c’est aussi une excellente chanson de Neil Young.

Photobucket

C’est quoi la signification du titre de l’album au-delà du fait que c’est le titre d’une des chansons ? Pourquoi celle là plus qu’un autre ? Le cover représente quoi exactement ?

Je dirais que Cult of Gold est l’idée maîtresse, la thématique d’arrière plan pour tout l’album. Si j’avais à résumer le tout en une phrase cohérente, j’utiliserais les mots de Robert Monks dans The Corporation: «In our search for wealth and prosperity, we have created something that is going to destroy us.» Tous les textes de l’album ont été écrit de façon à aborder de près ou de loin l’idée véhiculé par cette phrase afin de décrire un peu plus dans chaque pièce ce qu’est le culte de l’or et pourquoi nous devons souhaiter quelque chose de meilleur que ce culte pour notre existence personnelle et collective. Le visuel de l’album a lui aussi été conçu autour de cette idée, les photos utilisées sont celles de Eric A. Hegg. Eric Hegg est un photographe qui a documenté la ruée vers l’or du Klondike à la fin des années 1800 et au début des années 1900. Ses photos nous montrent l’enthousiasme et l’empressement qu’avaient les chercheurs d’or ainsi que les monstruosités qui se sont révélées tout au long de leur périple. Le cover illustre donc des chercheurs d’or gravissant les montagnes de neige en route vers le Klondike.

Vous avez inclus des citations de différents auteurs qui accompagnent chacune des chansons. Est-ce que c’est parce que les mots des autres sont plus puissants que les vôtres ou si c’est des citations qui ont inspirées, d’une façon ou d’une autre, les textes ?

Je suis loin d’être un bon écrivain et souvent, j’ai l’impression que les mots des autres portent plus ou sonnent mieux et je crois qu’il important de citer nos influences afin que les gens puissent poursuivre leur quête d’informations et eux aussi s’inspirer de ces auteurs dans leur vie. Si les gens sont intéressés par les thèmes abordés sur l’album au lieu de s’y arrêter, l’album peut servir de point de départ pour eux et s’avérer être une source d’informations enrichissantes.

L’année dernière on a «célébré» les 30 ans du punk rock avec la parution de Never Minds The Bollock des Sex Pistols en 1977. J’imagine qu’on peut dire qu’on en est présentement à quelque chose comme la vingt-cinquième années de la scène hardcore. Est-ce que la scène hardcore à bien vieillit ? Est-ce que c’est encore pertinent ? Est-ce que Steven Blush a eu raison de dire dans son «documentaire» AMERICAN HARDCORE que ce mouvement était mort en 1986 ?

Ce documentaire m’a laissé un goût très amer et c’était précisément entièrement à cause de ce commentaire. Je comprends le point de vue et même le commentaire lui-même dans son contexte mais c’est extrêmement choquant pour un amoureux du hardcore de se faire dire que tout ça c’est de la merde. À mon avis, très peu de gens qui ont écouté ce documentaire ont vécu ce que c’était que le hardcore entre 1983 et 1986, tout ces gens plein d’admiration pour les personnalités apparaissant dans le documentaire, ces gens qui ne cherchaient qu’à se ressourcer et raviver leur foie en ce mouvement se sont fait cracher en plein visage. Que le mouvement soit mort en 1986 ou pas, je crois qu’il est encore extrêmement pertinent. Le hardcore c’est l’une des voix de la révolte et tant que des injustices subsisteront, le hardcore sera toujours pertinent. Et puis, il y aura toujours des irréductibles du DIY et des gens qui ne sentent pas que leur place est parmi la majorité.

En quoi la scène punk rock a-t-elle été remise entre les mauvaises mains comme le dit le titre d’une de vos chansons ?

Je sais que c’est cliché à dire mais le punk rock est devenu une business. Je ne condamne pas la business dans le punk rock car ça prend des étiquettes de disques, des bookers, des studios, etc. Mais la business devrait être le moyen du punk rock et non pas sa fin. Si la business devient sa fin, le punk rock n’est plus qu’un autre produit qu’on vend chez Best Buy et c’est là que réside tout le problème, le punk rock est tombé en de mauvaises mains.

La scène du Québec elle se porte bien selon vous ou si ça vous importe pas vraiment la «scène» ?

Ça va mal à Québec, très mal à mon avis. Par contre il faut être conscient que ce n’est pas un phénomène qui est unique à la vieille Capitale, ça ne va pas super bien nul part ailleurs de ces temps-ci j’ai l’impression. Bien sur du côté Sud de la frontière c’est beaucoup mieux mais il y a une question de marché aussi, il y a tout simplement plus de gens donc un peu plus de tout par le fait même. Je n’ai pas l’impression que les gens portent particulièrement attention aux groupes rock dernièrement, les jeunes ne sont plus attiré par ce genre musical parce que ce n’est pas ce qui est en vogue présentement. Les jeunes écoutent plus d’électro et de hip hop et sans sang neuf dans les spectacles, les vieux vieillissent seuls et éventellement désertent le tout. J’ai souvent l’impression que les seuls personnes qui assistent à des spectacles qui ne soient pas d’envergures sont les membres de d’autres groupes. Comme si notre communauté était devenue uniquement que par et pour elle-même sans aucune ouverture.

Avez-vous si peu confiance en l’avenir de la race humaine que ce que la chanson Same Mistakes le laisse entendre ?

Ma réponse la plus spontanée serait un simple « oui ». Toutefois, j’essaye au quotidien de faire un effort constant et soutenu afin de ne pas laisser mon pessimisme prendre le dessus, ce n’est pas le message que je veux transmettre aux gens. Je sais que c’est sans doute extrêmement étonnant après avoir lu les textes que j’ai écrit pour Cult of Gold mais j’aimerais pouvoir transmettre un message positif à travers tout ce désespoir qui m’habite et qui, inévitablement, apparait dans mes textes mais c’est simplement vraiment moins naturel chez moi. J’espère seulement que tous et chacun peuvent en retirer quelque chose de grandissant plutôt que destructeur, ne serait-ce que de se rendre compte que d’autres gens voient les mêmes choses que nous partout autour et qu’eux aussi trouvent que ça ne tourne pas très rond tout ça. Pour ce qui est de ma confiance en l’avenir de la race humaine, d’un point de vue biologique je n’ai pas à en avoir, la race humaine est comme un être humain en fin de compte, elle a une vie bien à elle. Elle est apparue, elle vit et elle disparaîtra sans doute, c’est le cours normal des choses. Et après tout, on récolte ce que l’on sème.

Qu’est-ce qu’on peut espérer accomplir en criant son désespoir dans un groupe hardcore ? Je ne veux pas dire en tant que vente d’albums ou de changer le monde mais pour des gars qui citent des auteurs étudiés à l’université, et qui la fréquente fort probablement, il est où l’intérêt de rester impliqué dans une scène qui a définitivement ses cotés louches.

Tu sais, il m’arrive souvent de me poser la même question. Je crois qu’ultimement, même si cela ne nous mènera jamais nul part (dans le sens ou on ne réussira jamais à changer le monde avec de la musique), le fait est que j’ai du plaisir à faire ce que je fais et que je n’échangerais les expériences que l’on vit en tant que Words pour rien au monde. À cette question il n’y aurait jamais aucune réponse valable autre que: « J’aime ça! »

«Just never forget who you are. What you’re looking for is in yourself.» Est-ce que c’est quelque chose que les gens ont tendance à oublier ou a avoir de la misère à accomplir ?

J’ignore si mon désir d’accomplissement est démesuré par rapport à celui de la majorité des gens mais de mon point de vue, oui, tout à fait. Je pense que la plupart des gens ne cherchent pas à s’accomplir comme ils en seraient capable. Par là, je ne parles vraiment pas de tous ces rêveurs qui espèrent bien des choses de façon innocente et plus ou moins sérieuse. Combien de gens font de véritables efforts, prennent de véritables risques et y mettent tout ce qu’ils ont dans le seul but d’atteindre un objectif? Je crois que la routine du métro, boulot, dodo a à voir à tout celà mais en même temps, on ne peut que constater un manque d’ambition flagrant chez la plupart des gens et parfois, oui, j’aimerais bien pouvoir en réveiller quelques uns afin que plus de gens vivent pleinement et tentent toujours de s’accomplir un peu plus parce que l’accomplissement de l’invidu mène à son épanouissement. C’est pourquoi j’ai une immense admiration pour tout ceux et celles qui se consacrent pleinement à une discipline, que ce soit un sport, dans un domaine artistique, jouer aux échecs, faire des études, ou quoi que ce soit d’autre.

Photobucket

Si vous pouviez retourner à une époque (une seule) de la scène punk/hardcore, ou toute autre moment de l’histoire de la musique en fait, se serait laquelle ?

J’aurais voulu être à Washington, DC au début de Dischord Records et de Minor Threat!

Dernier show que tu as vu ? Est-ce que c’était excitant ?

Le 16 mai dernier, on a joué avec des amis du Vermont qui s’appel Unrestrained. C’est un groupe, qui à mon avis, représente bien ce que le hardcore devrait être. Ils ont un message positif et sincère et c’est toujours chouette de les voir car ce sont de bons gars qui donnent tout ce qu’ils ont à donner à chaque show même si c’est devant une foule restreinte. En fait, tout le monde devrait vraiment aller les écouter au www.myspace.com/unrestrainedvt. Sinon, la semaine d’avant je suis allé voir le retour de Strife et j’ai eu beaucoup de plaisir même si le retour de Strife est plus ou moins comme une sorte de blague que je ne saisi pas totalement.

www.myspace.com/wordshc

Pas encore de commentaire.

Punkrockhardcorefolketc

punkrockhardcorefolketc

Même pas un blog.

À propos