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Tu devrais demander a un critique d’art pour savoir ça: Entrevue Guérilla Poubelle

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4 mai 2008

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Au début de l’année j’avais comme résolution de me mettre la version intégrale de toutes les entrevues que j’allais faire sur ce blog. Résolution que je n’ai pas tenue. Tout comme ma principale qui était de dormir plus.

Alors voilà. Mieux vaut tard que jamais. J’imagine que ça peut intéresser un couple de personnes. Guérilla Poubelle est clairement un bon band punk rock.

Des fois je me rends compte en relisant mes trucs que je me prends un peu trop au sérieux. Comme si j’essayais de décortiquer de quoi sur lequel il n’y a, dans le fond, pas tant de chose que ça à dire. Des fois je me demande si je ne suis pas un peu tanné de ce fameux genre musical que l’on nomme le punk…C’est une entrevue avec un band dont le titre de l’album se nomme PUNK=Existentialisme qui me fait réaliser ça. C’est nice la vie des fois.

Comment vous êtes vous retrouvé à collaborer avec l’étiquette Slam Disques pour la sortie de votre dernier album au Québec ?

KOJ: On a rencontré Pierre-Luc de Slam Disques lors de notre tournée québécoise de l’été 2005. Il accompagnait Eric Panic avec qui on a fait quelques concerts.

TILL: On a sorti l’album de Eric Panic en France en 2006 et ils sont venus
tourner avec nous. Pierre-Luc nous a branché pour que SLAM DISQUES s’occupe du
disque pour le Canada.

Est-ce que c’est un label avec lequel vous vous sentez vraiment à l’aise de collaborer du point de vue de votre éthique de travail ?

TILL: SLAM DISQUE est un label indépendant et sûrement plus DIY qu’il ne le laisse paraître. PL nous connaît bien et sait dans quel état d’esprit on est et comment on envisage les choses. On a entière confiance en lui et dans le reste de l’équipe de SLAM.

Votre dernier album se nomme PUNK=Existentialisme. Qu’est-ce que ce titre veut dire pour vous ?

TILL: Dans le livret du disque on explique un peu plus en détail ce que ce titre représente pour nous. Il ne s’agit évidemment pas d’une tentative de définition du mouvement et du terme « punk ». Au contraire on ne voit pas ça comme quelque chose de figé, le punk est toujours en mouvement et chaque groupe, fanzine et même fan de punk le fait à son image…

KOJ: Savoir qu’on est seul face au monde et que la seule chose qui est importante, c’est la réalité, ce que l’on fait qui compte.

Est-ce que le punk est une forme d’art plus vivante que les autres ?

K: Aucune idée, tu devrais demander a un critique d’art pour savoir ça.

T: Pour nous il n’est pas question d’art ni même de concept. On fait ça très naturellement, on ne se pose pas beaucoup de question, c’est très spontané. On vit ça au jour le jour, on n’est pas dans une représentation. Donc oui tu peux dire que c’est peut être plus vivant que d’autres trucs mais je ne suis pas certain que ce soit comparable.

Pourquoi un œil sur la pochette ? Est-ce que c’est vous qui nous observez ou big brother qui nous surveille ?

K: Ce qui nous a plu dans cette photo est son coté dérangeant. C’est rouge, un traitement bizarre, et l’oeil laisse un certain malaise. Pour savoir la signification, chacun doit aussi trouver sa propre interprétation. Ne serait-ce pas toi qui te regarde, et qui te surveille ?

T: Il y a beaucoup de références dans cette image. La plus évidente est celle du Chien Andalou, manifeste du Situationnisme, qui n’est pas à nos yeux très éloigné de l’existentialisme. Mais cet oeil représente aussi la vigilance qu’on essaye d’avoir dans la vie, la responsabilité. Il ne faut pas essayer de voir ce que l’oeil regarde, finalement l’objet regardé n’est pas important, c’est la démarche d’ouvrir les yeux, d’être attentif, sur soi et sur le reste qui est importante.

Pourquoi le punk rock ne peut pas être un emploi ?

K: Car nous ne voulons pas être dépendant financièrement de notre musique, pour toujours garder une totale liberté dans nos choix.

T: Avoir un job à coté nous permet rester dans la réalité et de garder une hygiène de vie raisonnable: si on vivait de notre musique on se lèverait à 15h tout les jours, on passerait notre vie avec que des musiciens, à se défoncer la gueule comme de minable rock stars.

Le punk représente-t-il la dernière utopie encore vivante ?

T: Le  »punk » n’est pas à nos yeux un symbole, ça ne représente rien, c’est notre vie de tous les jours…

Est-ce que le punk est quelque chose de sérieux ?

T: Tu sais, finalement, on se fout pas mal du « punk ». On ne cherche pas à conceptualiser ou intellectualiser notre démarche, tout est naturel. C’est ni sérieux ni une blague, on avance à notre rythme, en essayant de faire les choix qui nous paraissent les plus juste. On fait ça sérieusement oui, mais sans trop se prendre au sérieux. Dans le livret de l’album il y a beaucoup de commentaires sur les textes des chansons qui peuvent sembler rigides, sombres et austères, mais si tu regardes le film qui accompagne le CD tu verras qu’on s’amuse beaucoup et qu’on reste de sombres pitres.

Espérez-vous que votre musique soit plus qu’un divertissement ?

T: Ce n’est pas a nous d’en décider. Il y quelques années ça m’énervait de voir des kids aux concerts qui ne venaient que pour s’amuser. Mais finalement chacun prend ce qu’il veut dans notre musique, il y a plusieurs niveaux de lecture et c’est très bien. Mais effectivement ça nous fait plus chaud au cœur de voir des gens s’intéresser à notre démarche, et venir discuter avec nous après les concerts que de voir des mecs tout saouls crier « A POIL!!! » pendant le concert.

Quelle est votre place dans la scène punk rock parisienne et française ? Vous y sentez-vous bien accueilli ou si on vous y regarde comme quelque chose de spéciale ?

T: c’est difficile de juger de ça, on a trop le nez dedans… et les détracteurs parlent toujours dans l’ombre.

Est-ce que Sarkozy est un reflet de la France. Est-ce qu’il est LE Président de la France actuelle ou une erreur de parcours ?

K: Sarkozy n’est malheureusement qu’une mauvaise blague prise trop au sérieux. Il est le reflet des aspirations de beaucoup de français (pas la majorité, on est en démocratie…), pas de leur vie. Il a gagné sa campagne grâce au cafouillage du Parti Socialiste et grâce a des promesses absurdes. Un de ses slogans vainqueur a été « Travailler plus pour gagner plus ». Théorie économique inconnue et complètement décriée par les économistes les plus socialistes comme les plus libéraux. Il est en train de revenir sur toutes ses promesses et met ses échecs sur le dos de la « crise économique mondiale » partie de la crise des fonds américains et du dollar trop faible. Sans parler de la mascarade médiatique dans laquelle toute une partie de la population tombe. Il aura réussi à aveugler tout le monde (favorables ou défavorables) avec des méthodes inédites. Il ment a peine aux exploités qui votent pour lui en leur disant qu’ils vont travailler plus pour être plus fatigué et n’avoir définitivement plus de temps pour penser par eux mêmes. Il ment et joue avec ses détracteurs qui ne concentrent plus que sur ses frasques, ses scénarios médiatiques. Des lois ignobles passent (rétention de sureté, fichage ADN) et les médias, soi-disant remis de leur admiration, ne critique que l’homme et pas sa politique. Il est en fait une erreur pour lui et pour son camp et peut être une bonne chose dans la sens où pour une fois une homme politique cache a peine ses vrais aspirations de pouvoir personnel et de promotion de sa condition. Malheureusement, l’homme est tellement antipathique qu’il est plus tentant de le décrier lui plutôt que ce qu’il représente. Pour finir, Sarkozy est en fait le président très représentatif d’une majorité de gens qui ne pense pas plus loin que le bout de leur nez et qui agissent pour demain, sans réfléchir aux conséquences. Exactement l’inverse de ce qu’on essaye de dire en fait.

40 ans après Mai ’68, est-ce que les jeunes de Paris remettent à leur tour en question l’héritage que leur à laissé les soixante-huitard et ce qu’ils ont fait par la suite ?

K: Mai 68 n’est (malheureusement ?) plus qu’un folklore en France. Peu (y compris nous) savent ce qu’il en a vraiment été, en particulier que les manifestations étudiantes ont été une toute petite partie du soulèvement populaire qui a eu lieu. Les manifestations étudiantes qui ont eu lieu cet hiver sont à l’image des toutes celles qui ont eu lieu. Le gouvernement dit « non » et tiens tellement longtemps que les manifestants sont obligés de rependre un cours normal de leurs activités pour des raisons diverses (salaires, examens, temps). Et tout le monde oublie, et les réformes passent quand même.

Mai ’68 a-t-il été une révolution ?

K: Ce n’est définitivement pas a nous qu’il faut poser cette question, qui sommes nés entre 79 et 83, on a rien connu de Mai 68.

T: A priori ça a plus été une révolution des moeurs et culturelle qu’une réelle révolution politique…

Vous allé venir faire une tournée en sol québécois fin avril/début mai. À quoi est-ce que vous vous attendez de ces spectacles ?

K: On attend juste beaucoup de fun ! Revoir des amis qu’on n’a pas vu depuis longtemps, rencontrer des nouveaux/futurs amis.

Est-ce que le fait de voyager et de voir le monde est la partie la plus intéressante de jouer dans un groupe punk ?

T: On est pas très tourisme et, heureusement, en tournée on a rarement le temps de visiter. Mais on rencontre beaucoup de gens, plein de groupes cool. On s’amuse beaucoup, on fait de la musique, on discute avec des tas de gens différents. On apprend beaucoup de choses…

Existe-t-il encore un espoir pour sauver la société occidentale de son statut de civilisation consommatrice ?

T+K : Peut-être, mais c’est mal barré…

L’ennui est-il devenu la norme pour la grande majorité des gens ?

K: Ce n’est pas l’ennui qui est la norme, c’est la fatigue et l’hypnotisation des medias. Pour revenir à ce qu’on disait plus haut, quand certains se sont vus promettre plus de « pouvoir d’achat » en travaillant plus, c’est au prix d’une lobotomisation encore plus poussée, qu’ils acceptent ou ont acceptée (car la cote de popularité de Sarkozy descend très bas ces jours ci). Il est dur pour beaucoup de trouver la force de rester actif après une journée de travail. Et moins il y aura d’actif, moins les gens qui ont du temps de pensée, rattachée malheureusement a l’argent, décideront.

T: Je pense qu’on a un énorme problème avec la télé. C’est peut-être encore pire chez vous. La plupart de mes collègues de bureau et même beaucoup de mes amis n’ont pas d’autre conversation que ce qu’ils ont vu la veille à la télé. Je n’ai plus la télé depuis plusieurs années. Je me sens très souvent perdu et détaché du monde. Pour beaucoup c’est le seul regard sur le monde. C’est très grave et très dangereux…

Sombre-t-on vraiment plus on lutte contre cette ennuie et les jobs de merde comme vous le laissez entendre dans la pièce Tapis Roulant ?

T: L’ennui est à mes yeux un des plus gros fléau de notre société occidentale. Les individualités sont détruites dès l’enfances, les gens ne se sentent exister qu’en consommant comme des brutes, en s’abrutissant devant la télé ou à grand coup de bière ou en se reproduisant comme des lapins… la société est foutue et la majorité ne fait qu’accélérer le processus…J’ai peur mais j’ai hâte de voir comment ça va finir…

www.guerilla-poubelle.com

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